Faire de la place
Newsletter Avril 2026
Ces mots de retour de quelques jours à bord de Tempo, le joli voilier de 9 mètres de mon amie Adeline.
On a pris la mer il y a 4 jours…
qui m’ont paru 4 semaines.
Là-bas, tout est simple.
Là-bas, tout ralentit.
Ou peut-être que tout retrouve simplement sa juste vitesse.
On se réveille avec le lever du soleil.
On met le café à chauffer.
On observe le vent avant de lever l’ancre.
On ajuste les voiles, on change de cap si besoin.
On cherche un bon mouillage pour la nuit — celui qui offrira les plus belles couleurs au coucher du soleil (le vrai luxe !).
On pêche aussi.
Juste ce qu’il nous faut pour le repas.
Avec humilité.
On prend le temps d’admirer, de toucher, de remercier.
On mange quand on a faim — c’est-à-dire souvent.
Et c’est tout.
Rien de plus.
Rien de moins.
Juste… l’essentiel !
Et presque sans prévenir, les petits “problèmes” perdent de leur poids.
Face à l’immensité de la mer, ils semblent s’alléger.
Comme s’ils se laissaient doucement emporter par le vent.
Les pensées tournent moins.
Il y a plus d’espace.
Et dans cet espace, ce qui est là remonte.
Pas forcément des grandes choses.
Parfois juste de la fatigue.
Parfois de la sérénité.
Parfois quelque chose de plus inconfortable.
Et tu ne peux pas vraiment faire autrement que d’être avec.
Car il n’y a rien à régler sur le moment.
Juste à être là.
Et parfois, c’est plus incarné qu’il n’y paraît. Le corps parle et ce n’est pas toujours confortable — dans mon cas, le roulis n’a jamais été mon meilleur ami.
Alors tu n’as pas d’autre choix que de rester avec ce qui est là.
Tu observes.
Tu t’accroches un peu, parfois, puis tu apprends à laisser passer.
C’est là que réside la liberté : accepter ce qui est, même la fatigue, même l’inconfort.
Ce que tu ressens n’est pas là par hasard.
Chaque émotion a sa place, même celles que tu préférerais voir disparaître plus vite.
Il ne s’agit pas de les faire taire, mais de leur laisser un peu d’espace.
Te laisser être, simplement.
Même quand ce n’est pas clair.
Même quand ça déborde un peu.
Parfois, l’acte le plus simple — et le plus profond — est de poser une main sur ton cœur et de murmurer : “Je suis.”
Simplement.
Et laisser la place.
Me voilà de retour à la maison.
Avec encore ce léger mal de terre,
comme si quelque chose en moi continuait de tanguer doucement.
Comme si mon corps n’avait pas encore retrouvé ses repères.
Et je réalise que l’équilibre, finalement, ce n’est pas quelque chose de définitif.
C’est un espace qui se retrouve.
Qui s’ajuste.
Encore et encore.
Entre mouvement et stabilité.
Entre contrôle et lâcher-prise.
Peut-être que le plus précieux, ce n’est pas seulement de vivre ces moments hors du quotidien,
mais de ramener un peu de cette simplicité, de cette liberté et de cet espace avec soi, une fois de retour.
Et tout cela, c’est grâce à Adeline et à Tempo que je l’ai vraiment découvert.
J’ai appris à ralentir, à revenir à l’essentiel, à savourer chaque geste simple.